Bébé à l'hopital

Programmée ou en urgence, une hospitalisation est une expérience angoissante, surtout pour papa et maman !

60 % des enfants qui arrivent aux Urgences ont moins de cinq ans, le plus souvent pour des affections respiratoires (type asthme, bronchiolite…) ou des gastro-entérites. Pas toujours facile pour les parents de gérer leur angoisse et celle de leur tout-petit pendant l’hospitalisation ! Personnel soignant et associations mettent tout en œuvre pour assurer des séjours en douceur.

Les plus grosses peurs
La séparation. Dans cet environnement pas très chaleureux et qu’il ne connaît pas, un enfant se sent rapidement perdu et a besoin plus que jamais de la présence de ses parents. Cependant, vous n’avez pas à vous sentir coupables de laisser votre bout d’chou quelques heures entre les mains de l’équipe soignante… Il est aussi important pour vous de pouvoir " souffler ".

Les soins. Il est important d’expliquer à un enfant que certains traitements vont être douloureux. Même s’ils reconnaissent que ce n’est pas toujours facile, les spécialistes recommandent plus que jamais de mettre des mots sur les gestes, peu importe son âge ! " Il est tout à fait possible, même à un ou deux ans, de montrer une partie du corps à son enfant, et de lui expliquer que c’est à cet endroit qu’il faut qu’on le soigne " explique Françoise Galland, directrice de l’association Sparadrap. Evitez, s’il est tout petit, de l’informer trop en avance : les bébés n’ont pas la notion du temps.

Aïe, ça fait mal !
Il est difficile pour les parents de savoir si leur nourrisson souffre. Pour détecter la douleur chez les bébés, les soignants utilisent une échelle de comportements. " Les cris et les pleurs, ou, au contraire, une attitude apathique, c’est-à-dire un nouveau-né qui ne bouge pas et qui semble paralysé, sont des signes de douleur " explique le Dr Faye, praticien hospitalier en pédiatrie générale à l’hôpital Robert Debré (Paris). Gardez donc toujours un œil sur Bébé !

De nombreux efforts ont été réalisés jusqu’à aujourd’hui pour diminuer la douleur des petits patients. Les soignants disposent de différentes méthodes pour éviter la souffrance lors des soins administrés :
Les tétées de saccharose liquide : idéales pour les bébés, elles sont administrées jusqu’à l’âge d’environ neuf mois. Leur douce saveur sucrée les apaisent et les rassurent !
La crème anesthésiante : les infirmières l’appliquent avant certains soins comme des prises de sang ou des ponctions.
L’inhalation : à l’aide d’un masque, l’enfant respire un mélange d’oxygène et de protoxyde d’azote qui le détend et lui permet de mieux supporter la douleur. Cette technique est réalisable dès l’âge de deux ou trois ans.


Votre présence recommandée pendant les soins
Pendant l’hospitalisation, la présence de papa ou de maman est, sans aucun doute, le plus gros réconfort. Et plus que jamais pendant les soins ! " Ce sont des moments où l’enfant demande à être rassuré. Les parents peuvent, en même temps qu’il se fait soigner, mettre des mots sur ce qu’on lui fait, ou le distraire avec des chansons ou des petites histoires… " explique le Dr Faye. Parfois même, les parents sont invités à participer !

En revanche, pour les soins " lourds " (par exemple : une ponction de moelle osseuse), les médecins suggèrent aux parents de sortir.

L'environnement hospitalier
Du personnel soignant spécialisé
Le personnel soignant d’un service de pédiatrie a suivi une formation spécifique, notamment en matière de prise en charge de la douleur chez l’enfant. Les médecins sont des pédiatres, les infirmières des puéricultrices et les aides-soignants des auxiliaires de puériculture.
Le souhait serait que les enfants soient pris en charge par du personnel spécialisé en pédiatrie, ce qui n’est pas toujours le cas " précise Françoise Galland. Dans un service de pédiatrie, il y a, en réalité, beaucoup plus d’infirmières que de puéricultrices. Seuls les services de néonatalogie comptent exclusivement des puéricultrices.

Des structures pas toujours adaptées
En France, 35 % des hôpitaux ne disposent pas encore de chambre parent/enfant. Certains d’entre eux proposent aux parents de rester aux côtés de leur progéniture 24 heures sur 24, mais dans des conditions proches du camping ! D’autres encore refusent leur présence et laissent les petits passer la nuit seuls. Dans ce cas, ne vous affolez pas, l’équipe médicale prend le relais pour les chouchouter ! Si les associations se bougent pour améliorer l’accueil des parents pendant le séjour de leur enfant à l’hôpital, une enquête de l’association Sparadrap estime que vous n’avez qu’une chance sur quatre de rester auprès de votre bout d’chou dans de bonnes conditions…
" Si 46 % des services ne se sont jamais posés la question des critères d’attribution, les chambres parent/enfant sont d’abord proposées aux mamans qui allaitent leur bébé, puis aux pathologies les plus graves et aux familles qui habitent loin de l’hôpital " souligne Françoise Galland.

Comment occuper Bébé ?
Dur dur de trouver des activités quand votre tout-petit ne doit pas quitter les grands couloirs blancs de l’hôpital… Pire encore, s’il est cloué au lit, relié à des tuyaux qui l’empêchent de gigoter ou un membre plâtré ! La télévision, si vous n’aimez pas trop qu’il la regarde à la maison, peut vous être d’un grand secours dans une telle situation. La plupart des hôpitaux la proposent en location.

Idéal : rapportez-lui une petite mallette de médecin... Jouer au docteur avec ses peluches, c'est rigolo !


Pour qu’il ne se sente pas perdu, rapportez lui de la maison son doudou (bien sûr !), mais aussi quelques-uns de ses jouets et livres préférés… Evitez les voitures à sirène et les instruments de musique !
S’il peut sortir de son lit, la salle de jeux reste l’occasion pour votre bout d’chou de se dégourdir et de se divertir avec d’autres enfants. Si le service pédiatrique dans lequel il est hospitalisé en est équipé, vous avez de la chance ! Seulement la moitié des hôpitaux en France disposent de ces espaces.

De retour à la maison
En rentrant de son hospitalisation, Jules a été perturbé pendant une semaine. Je pense qu’il souffrait physiquement, malgré les antalgiques. Il devait aussi, je crois, avoir perdu ses repères. Il a passé plusieurs jours à pleurnicher et à rester dans les bras pour se rassurer. Mais avec beaucoup de patience et de câlins, tout est rentré dans l’ordre rapidement. " Amélie, maman de Jules, hospitalisé à 2 mois ½.

Inutile de se le cacher, toute hospitalisation peut entraîner des séquelles plus ou moins importantes chez les enfants. Certaines études ont démontré qu’étonnamment, les hospitalisations les plus courtes (deux ou trois jours) sont les plus difficiles à vivre pour les enfants ! Quand ils y restent plusieurs semaines, les bouts d’chou ont le temps de poser des questions, de se créer des repères…
Outre la douleur, la plus grosse difficulté à surmonter reste la séparation. Françoise Galland, explique que " certains enfants, après un séjour à l’hôpital, recommencent à faire pipi au lit, ont peur des visages inconnus, restent accrocher à leurs parents… ". Rassurez-vous, les tout-petits récupèrent très vite leurs repères et ce qui était acquis avant l’hospitalisation reprend naturellement sa place.

source: infobebes.com



Article ajouté le 2007-11-13 , consulté 87 fois

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